Qu’est ce qu’un déchet:
Par définition, ce sont des matériaux n’ayant pas de valeur immédiate ou laissés, comme résidus d’un processus ou d’une opération, par le propriétaire.
Les déchets comprennent également des matériaux que les gens doivent rejeter d’une manière réglementée, par exemple en raison de leurs propriétés dangereuses.
Beaucoup d’articles peuvent être considérés comme des déchets:
- des ordures ménagères,
- des boues d’épuration,
- des déchets provenant d’activités de fabrication,
- des articles d’emballage,
- des voitures rejetées,
- des déchets de jardin et agricoles,
- des rejets industriels,
- des déchets de démolitions,
- les E-déchets (électroniques, électriques..),
- etc.
Ainsi, nos activités quotidiennes entraînent une grande variété de différents types de déchets provenant de différentes sources.
Même les couloirs communautaires non aménagés et non développés, les moyens de transport multiples et la duplication des services peuvent être considérés comme une forme de déchets.
Selon les principes de permaculture, tout déchet est une ressource inexploitée.
Rappel du contexte Européen et National
La réglementation Européenne (directive cadre européenne 2008/98/CE du 19 novembre 2008) hiérarchise les modes de gestion des déchets à privilégier avec la priorité donnée à la prévention des déchets : le réemploi doit être privilégié, devant le recyclage et devant la valorisation énergétique.
Cette directive a été transposée dans la Réglementation Française (ordonnance n°2010-1579 du 17 décembre 2010) qui confirme la priorité donnée à la prévention par la réduction de la production et de la nocivité des déchets.
L’ordonnance déchets précise la hiérarchie des modes de gestion des déchets consistant à privilégier la préparation en vue de la réutilisation (devant le recyclage, les autres formes de valorisation et l’élimination).
La loi oblige désormais les Régions à soutenir l’économie circulaire, à travers un plan de gestion des déchets et un plan en faveur de l’économie circulaire.
Aujourd’hui, qui fait quoi en matière de gestion des déchets ?
Depuis 2017, les déchets ménagers et assimilés sont collectés et traités par les intercommunalités (communautés d’agglomération, Métropoles, syndicats, etc.).
Pour être au clair sur les rôles de chacun, précisons que les communes, bien que n’étant plus compétentes pour la collecte et le traitement des déchets, peuvent conserver une compétence relative à la “prévention” des déchets, en application de la “clause générale de compétence” dont elles bénéficient.
Si cela permet à certaines municipalités d’agir en la matière, la prévention bascule cependant peu à peu, elle aussi, vers les structures intercommunales qui collectent les déchets. En effet, les intercommunalités qui collectent les déchets doivent obligatoirement se doter d’un “programme local de prévention des déchets ménagers et assimilés”, ce qui en fait deux compétences administratives très liées.
Gestion des déchets
Plusieurs approches et différents résultats:
1/La culture de la Prévention, en limitant ou en éliminant les déchets à la sources, minimisant les quantités de déchets à gérer.
2/ la réutilisation, qui évite de jeter le matériau dans les méandres des déchetteries actuelles. Le matériau est réutilisé sans transformation : palettes en bois consignées, pots en verres, vêtements d’occasion, la remise en route des consignes verres …
3/ Le Recyclage, implique le traitement ou le retraitement d’un matériau de rebut rejeté pour le rendre adapté à une réutilisation ultérieure. Il profite à l’environnement en réduisant l’utilisation de matériaux vierges. Il comprend le recyclage des déchets organiques mais exclut la récupération d’énergie.
4/ La récupération d’énergie comprend toute technique ou méthode pour minimiser l’apport d’énergie à un système global, par l’échange d’énergie d’un sous-système du système global avec un autre.
L’énergie peut être sous quelque forme que ce soit dans l’un ou l’autre sous-système, mais la plupart des systèmes de récupération d’énergie échangent l’énergie thermique sous une forme sensible ou latente.
5/ Les « décharges modernes », un site d’élimination où les déchets solides sont déversés sur une doublure et recouverts quotidiennement d’une couche de terre et d’autres matériaux de manière à réduire la contamination des terres environnantes. Les décharges modernes sont souvent bordées de couches de matériaux absorbants et de feuilles de plastique pour empêcher les polluants de fuir dans le sol et l’eau.
« Les décharges sont généralement des entreprises privées des groupes Veolia et Suez, qui fonctionnent en délégation de service public, et qui empochent une rente difficile à estimer (différence entre les subventions et leurs coûts de gestion), et qu’elles sont forcément tentées d’augmenter… Une des conséquences est la tendance aux méga-décharges, c’est-à-dire des décharges plus grandes mais moins nombreuses, conduisant à des transports sur de plus longues distances.
« déjeuner sur la décharge »
Mais plus fondamentalement, quels que soient les progrès dans la gestion de ces décharges, elles restent une des plus mauvaises solutions. Le mot lui-même porte cette image d’irresponsabilité (« on se décharge »). Les dirigeants technocrates en ont bien conscience… On ne dit plus « décharge » dans les entreprises et dans les ministères. Elles ont d’abord été renommées en « Centre d’enfouissement technique », puis en « Centre de stockage de déchets ultimes », et enfin en « Installation de stockage de déchets ». »
Le discours officiel est à la réduction des quantités de déchets mis en décharge. Effectivement, depuis quelques années ces quantités baissent lentement. Mais ce sont toujours environ le tiers des déchets qui finissent enterrés… Pourtant, on pourrait recycler la plupart de ces déchets. Dans certains cas, on attend simplement et cyniquement que les techniques soient au point et que cela devienne rentable.
Rentable…?
Le coût est un facteur principal du moment de la génération de déchets, de sa valeur en tant que produit recyclable, jusqu’à l’élimination finale. Les entreprises et les organisations qui fabriquent, prennent, recyclent et éliminent les déchets sont sensibles au coût capital et opérationnel. Les coûts affectant le secteur du recyclage et du retraitement sont les suivants:
- distance des infrastructures et des marchés
- échelle de la demande et de l’offre
- logistique de transport
- les coûts d’exploitation tels que le carburant, l’énergie, l’emploi, les prélèvements gouvernementaux et les charges.
Il est peu probable que le recyclage à 100% de la plupart des produits et matériaux soit actuellement réalisable.
S’efforcer d’obtenir un niveau optimal de recyclage, l’utilisation d’instruments, de politiques, de cibles et d’approches financières et non financières est susceptible d’être plus rentable et réalisable.
Ainsi, localement, bons nombres de solutions peuvent être apportées par différents acteurs . Chez soi, avoir son composteur, ou collectif pour l’immeuble; initier dans son quartier des ateliers de recyclage; utiliser les ressources légales pour dynamiser l’emploi; mettre en place dans les quartiers des « Givebox » ou « boites à partages »…
Les citoyens agissent dans leur quartiers, construisent leur village et créent du lien social avec leurs voisins.
Comment notre village de Colomars pourrait il atteindre, à court, moyen et long terme, une politique de gestion exemplaire des déchets?
- Est ce que notre commune respecte la loi et priorise le réemploi?
- Ne pouvons nous pas envisager d’autres modes de fonctionnement dans nos quartiers?
- Combien de Colomarsois travaillant en extérieur, devant prendre la voiture tous les jours, apprécieraient de trouver une activité économique sur la commune?
- Combien d’entre nous ont des capacités à créer des objets sublimes issus de recyclages?
- Utilisons nous correctement les outils juridiques mis à notre disposition?
- Combien d’entre nous préférerions réparer plutôt que jeter?
- De nos jours, combien d’entre nous ont les moyens de se permettre de jeter et racheter du neuf?
- Quelles actions peuvent être mises en place?
- Qui peut faire quoi?
Mais même si la situation semble désespérée, beaucoup de communautés ont réussi à développer toutes sortes d’astuces dont nous pourrions nous inspirer. Certaines villes et villages n’ont volontairement plus de camions poubelles:
Composteurs communaux, multiplication et affinement des containers de tri par quartier, espaces Ressourceries et/ou défis environnementaux, mis à disposition ou soutenus par la Mairie. Et d’autant moins d’impôts locaux!
Tout un tas de solutions sont généralement proposées par les citoyens eux mêmes, si tant est qu’ils puissent s’exprimer!
La culture du Zéro Déchets et ses outils.
La création et l’essor d’un projet zéro déchet peuvent être aidés de différentes manières par les collectivités locales, dont la Région. Nous invitons donc les entrepreneurs zéro déchet de Colomars à venir partager avec les membres de la Fédération, ou directement parler de vos projets aux élus (notamment) régionaux, et à identifier l’aide que la Région pourrait vous apporter, directement ou indirectement, pour faciliter la mise en place de vos activités :
- pousser une fiscalité incitative locale (tarification incitative, redevance sociale, etc.)
- octroi de subventions, garanties d’emprunt, prêts, etc.
mobilisation des propriétés publiques (foncier, locaux de vente ou stockage…) - orientation des achats publics favorable aux nouveaux secteurs et aux “petits” acteurs
- prises de positions publiques et communication publique
- accompagnement des projets (pépinières d’entreprises, incubateurs…)
- mises en relation pertinentes avec d’autres acteurs privés et publics…
Il appartient désormais aux régions, de par la loi, de se lancer dans une politique zéro déchet : les acteurs du secteur doivent se faire entendre ! Interpellez, proposez et rencontrez les élus locaux / régionaux et les services techniques, pour que cette opportunité soit utilisée au mieux !
Les Recycleries (ou Ressourceries) ?
C’est un centre pour la valorisation par réemploi (rénovation) de certains produits déposés en déchetterie (de la catégorie des encombrants) ou apportés directement au centre. C’est une marque déposée.
Les Recycleries, en chiffre en 2016:
- 3079 emplois
- plus de 40 000 tonnes collectées
- 36% de réutilisation/réemploi, 56% de recyclage, soit 92% de valorisation
- 16 385 517 € de vente seconde main
- 438 011 personnes sensibilisées
Les quatre prestations proposées sont : collecte multi produits, réemploi et recyclage en atelier, vente, sensibilisation à l’environnement.

La Ressourcerie doit être considérée comme un outil pouvant compléter les dispositifs mis en place par la collectivité au bénéfice des usagers. On peut ainsi imaginer la mise en place de partenariat étroit avec la collectivité sur des collectes spécifiques (collectes événementielles), la gestion de points d’apport volontaires, le ramassage de dépôts sauvages..
Qu’en disent les populations interrogées?
Avec une large majorité, elle se déclare favorable à l’émergence de structures du réemploi et semble prête à y contribuer de manière active : 94 % des personnes interrogées sont disposées à donner plutôt que jeter, et 85 % à acheter des biens d’occasion de qualité.
Les motivations diffèrent selon les personnes. Au delà de l’intérêt financier inhérent à l’achat de biens d’occasion, beaucoup de personnes interrogées ont mis en avant la volonté de soutenir des projets écologiques créateurs d’emplois et de solidarité. Ces encouragements pour des initiatives locales sont liées à leur attachement au territoire.
Il convient ainsi naturellement de privilégier les acteurs déjà présents localement.
Emploi et économie de saisonnalité
Bilan à Nice:
En terme d’emploi, le marché est dominé par le secteur tertiaire et les métiers de la vente et du tourisme. avec un taux de chômage (11.4% fin 2016) plus élevé que la moyenne nationale (9.5% début 2017).
Parmi les 15 métiers les plus recherchés en 2017, beaucoup se définissent saisonniers (75%), principalement du domaine professionnel de l’hôtellerie-restauration et de l’agriculture.
De part son activité touristique, la région Niçoise est fortement soumise à la saisonnalité générant une forte expansion de sa population en période estivale… et donc une augmentation conséquente de sa production de déchets.
L’activité des Ressourceries génère la création d’emplois sur toute l’année. Elles pourront aussi adapter leurs activités à cette saisonnalité, et encourager dans sa transversalité le développement d’autres projets connexes comme le développement d’actions spécifiques de sensibilisation ou de ventes durant l’été.
La prévention des déchets est ainsi une priorité pour réduire les déchets à la source : elle induit la constitution de véritables plans d’actions tant globaux que locaux, et donc une volonté politique d’aller dans ce sens.
L’émergence de projets locaux type Ressourceries permettrait de palier en partie à cette problématique en générant une filière génératrice de lien social et de bien commun.
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Les services de proximités mise en œuvre à l’échelle d’un territoire favorisent le lien social et donc la capacité à véhiculer un message.
Cela contribue alors au changement de comportement, au développement de meilleures pratiques de tri et d’usage, et donc à la réduction des déchets au niveau local.
Dynamique d’une Recyclerie/Ressourcerie

Au cour du développement soutenable
Dans le cadre de la définition du développement « durable » (DD) inscrite dans le rapport de brundtland (1987), la ressourcerie s’inscrit dans les 3 sphères d’un développement soutenable :
- La minimisation des tonnages de déchets enfouis ou incinérés
- L’augmentation du taux de valorisation des déchets
- La préservation des milieux et ressources naturelles
- La préférence des filières locales économes en transport
- Le changement des comportements individuels et collectifs
Au niveau social par:
- La création d’activités et d’emplois locaux,
- Le développement de services de proximité
- L’accessibilité pour tous à des biens à prix modique
- La participation au développement du territoire : tissage de partenariat multiples, animation de la vie locale avec participation des citoyens au dispositif
- L’intégration et la formation de personnes éprouvant des difficultés à s’insérer dans la vie sociale et professionnelle
- La transformation de déchets en ressources
- La maîtrise des coûts de traitement
- La redistribution des richesses produites
- La création d’activités et d’emplois locaux
Les principes fondamentaux de l’économie sociale et solidaire (ESS) auxquels adhèrent les ressourceries sont les suivants :
L’utilité collective et sociale du projet via le partenariat avec les acteurs du territoire :
- la Ressourcerie a une dimension collective. Elle regroupe autour de son
projet les citoyens, les collectivités, les acteurs privés mais également le tissu associatif local dont les acteurs du réemploi. Elle cherche la coopération plutôt que la concurrence.
- avec la recherche de la participation des différentes parties prenantes aux prises de décisions (salariés, bénévoles, usagers, collectivité)
- l’institution de la « primauté des personnes sur le capital dans la répartition des revenus issus du travail » comme l’indique la charte des Ressourceries

- les Ressourceries combinent au sein de leur projet des ressources non monétaires au travers du partenariat avec le secteur caritatif, des ressources issues de la réciprocité par le biais de subventions mais également des ressources marchandes par les prestations de services ou la vente de produits et matières.
Proposition de plan d’action pour Colomars.
Plan d’action proposé en 7 objectifs, sur des prospectives de 6, 12 et 20 ans:
1. cultiver et faire fleurir la culture du zéro déchet parmi les habitants
2. mettre en place des taxations incitatives dans les commerces et restaurants, à travers le partage et la mise en commun, pour éventuellement arriver à éliminer tout déchet.
3. rassembler tout ce qui peut être composté pour refaire des sols fertiles, et générer du bio-gaz
4. Amener progressivement à une culture responsable du cycle de vie complet de tout article de consommation.
5. Faciliter le recyclage en mettant à disposition des lieux servant de recycleries.
6. Introduire dans le code de constructions du bâtiment des exigences de récupération obligatoire et de refoulement.
7. S’assurer que toutes les activités affectant l’économie fabrique des biens qui sont durables, réutilisables et recyclables.
Naissance de la Première Recyclerie à Colomars
Une première Recyclerie est entrain de naitre au 149 Chemin du Génie, à Colomars , n’hésitez pas à aller les rencontrer!
La Ferme Pédagogique du Petit Génie: Kevin Renaut 07 69 08 24 24.
(interview en préparation 😉 )
Données recueillies :
- sur le très complet guide-ressourceries PDF de l’ADEME (Agence de l’environnement et Maitrise de l’Energie) réalisé pour la Corse.
- http://www.recyclerie-sportive.org/
- https://tendanceclaire.org/article.php?id=919
- https://www.zerowastefrance.org/fr/articles/346-plans-dechets-des-regions-entrepreneurs-zero-dechet-saisissez-l-opportunite
- https://chevauxterritoriaux.wordpress.com/dans-la-presse/
- http://statistiques.pole-emploi.org/bmo/
- http://www.nicematin.com/economie/emploi-chomage-tourisme-ce-quil-faut-retenir-du-bilan-economique-2016-de-la-region-paca-139766
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