« Le meilleur gouvernement est celui qui nous enseigne à nous gouverner nous-mêmes. »
– Goethe
« L’amour de la démocratie est celui de l’égalité. »
– Montesquieu
« La solution aux malheurs de la démocratie, c’est un surplus de démocratie. »
– Noberto Bobbio
La SOCIOCRATIE…
Au cours de l’histoire humaine se sont succédé différents modèles de gouvernance. Pour simplifier, on peut distinguer trois grandes phases.
La première est celle des gouvernements autocratiques où un individu ou une minorité a le pouvoir : conseil des anciens, empereurs, prêtres, etc.
Le problème principal de ce type de structure est que l’individu ne dispose pas d’espace personnel, ce qui est générateur de frustrations et de résistances ou de révoltes.
La deuxième phase a vu l’apparition des gouvernements démocratiques. Leur apparition a été un formidable progrès, mais aujourd’hui les insuffisances du système sont évidentes : dans des élections démocratiques, la minorité est vaincue sans pour autant être convaincue ; en conséquence, les individus qui en font partie se sentent exclus et renâclent à suivre les décisions majoritaires.
Une troisième phase est apparue très récemment et exige le consensus de tous les membres de la structure concernée. Cette approche généreuse montre déjà ses limites : elle n’est guère adaptée à de grosses structures et elle nécessite de chacun une implication très forte qu’il n’est pas forcément réaliste d’obtenir dans la durée.
Ce mouvement est caractérisé par une volonté de plus en plus forte de l’individu de prendre en main son destin dans ses dimensions personnelles et/ou collectives. Aujourd’hui, dans le monde occidental, la plupart des pays sont en régime démocratique, même si certains ont fait quelques pas dans la direction participative et consensuelle. Mais qu’en est-il des autres systèmes auxquels nous appartenons, famille, associations, entreprises ? Combien fonctionnent encore de manière autocratique ? Même si cette méthode est totalement inadaptée à la complexité et au rythme du monde moderne, elle est presque systématiquement utilisée, faute de disposer d’une alternative crédible.
Pourtant cette alternative existe. Fondée sur la cybernétique et la théorie des systèmes, utilisée dans des entreprises de toutes tailles, considérée comme une structure légale aux Pays-Bas, la sociocratie est une approche qui mobilise l’intelligence collective de tous les membres d’une organisation et assure une prise de décision sans objection garantissant une efficacité optimale. La sociocratie répond largement aux critères d’une bonne gouvernance tels que définis par l’ONU :
- Elle permet la participation de tous, sans exclusion, en les traitant équitablement ;
- Elle obtient une approbation unanime de son organisation et de ses décisions ;
- Elle définit des règles de droit et les suit ;
- Elle est responsable ;
- Elle est transparente ;
- Elle est souple, efficace et efficiente.
À la fin des années 1960, Gerard Endenburg, un ingénieur hollandais qui dirigeait une société d’électrotechnique, a voulu diriger son entreprise de manière humaine, tout en conservant, voire développant, son efficacité et sa compétitivité. En se basant sur les idées du pédagogue Kees Boeke, son compatriote et son contemporain, et en y intégrant ses connaissances en théorie des systèmes, en cybernétique et en biofeedback, Gerard Endenburg a créé, au début des années 1970, un nouveau style de gouvernance qu’il a appelé sociocratie, un mot créé par le philosophe français Auguste Comte.
Même si elle comporte d’autres aspects importants (transparence totale, définition de vision, missions et objectifs, rémunération juste du capital et du travail), la sociocratie est caractérisée par quatre règles fondamentales.
Les quatre règles de la sociocratie
Bien qu’elle soit fondée sur des principes scientifiques complexes et que sa mise en œuvre soit subtile, la sociocratie utilise des règles de fonctionnement suffisamment simples pour qu’elles soient comprises par tous, indépendamment de l’âge, du niveau d’éducation, de l’origine sociale ou culturelle, etc. : ainsi elle a pu être utilisée avec la même efficacité par des cadres d’entreprise de haute technologie, des enfants dans des écoles hollandaises, des villageois dans des parlements de voisinage en Inde, etc.
- Le consentement
- Les cercles
- Le double lien
- L’élection sans candidat
En sociocratie, une décision est prise par consentement s’il n’y a aucune objection importante et argumentée qui lui est opposée.Toutes les décisions ne sont pas forcément prises par consentement, notamment pour la gestion courante des affaires. Cependant, il est décidé par consentement quelles décisions peuvent échapper à la règle, comment et par qui elles sont prises et pour quelle durée il est possible de procéder autrement que par consentement.
La structure de décision de l’organisation est parallèle à sa structure fonctionnelle. À chaque élément de celle-ci correspond un cercle. Les cercles sont connectés entre eux et organisent leur fonctionnement en utilisant la règle du consentement. Tous les membres de l’organisation appartiennent à au moins un cercle.Chaque cercle est notamment responsable de la définition de sa mission, sa vision et ses objectifs, de l’organisation de son fonctionnement et de la mise en œuvre des objectifs définis par le cercle de niveau supérieur.
Un cercle est relié au cercle de niveau immédiatement supérieur par deux personnes distinctes qui participent pleinement aux deux cercles. L’une est élue par le cercle et le représente ; l’autre est désignée par le cercle de niveau supérieur et est le leader fonctionnel du cercle.
Quand il s’agit de choisir une personne pour occuper une fonction, un cercle sociocratique procède à une discussion ouverte et argumentée aboutissant à une nomination par consentement. L’absence de candidat garantit qu’il n’y a pas de perdant, et le consentement que chacun est convaincu que le meilleur choix possible a été fait.
Aujourd’hui, il y a plus de 200 structures (entreprises, écoles, hôpitaux, services de police, organisations sans but lucratif, etc.) qui utilisent avec succès la sociocratie, sans compter de nombreux groupes informels.
Pour Colomars,
l’objectif étant de fédérer des personnes agissant en tant que référents de quartiers.
Ces référents pourront se consulter régulièrement et communiquer de différentes façons (skype, tel, …) afin de faire part des problématiques rencontrées dans leur quartiers.
Un élu de la municipalité délégué auprès de la fédération fera le lien entre la mairie et les habitants.
Une fédération des quartiers jeunes est à l’étude, elle a déjà été suggéré par l’équipe du Docteur Chinca.
A terme, notre vision est celle d’un village en action, dynamique, ou les habitants peuvent s’exprimer en réunion, suggérer des projets et participer aux projets collectifs, ou leur implication est intégrée à la réflexion globale.
Parce que qui de mieux que les autochtones connaissent le pays?
